Depuis des siècles, deux instruments à cordes pincées ont marqué l’histoire de la musique. Leurs sonorités uniques et leurs techniques distinctes nourrissent un débat passionnant parmi les mélomanes.
Ces outils musicaux partagent une famille commune. Une caisse de résonance, des cordes tendues et un manche les relient malgré leurs différences. Leur évolution à travers les cultures montre des chemins tantôt parallèles, tantôt divergents.
Des noms comme John Dowland ou Francisco Tárrega illustrent cette riche histoire. Nous explorerons leurs points communs et leurs spécificités sous trois angles : l’histoire, la technique et le répertoire.
Introduction : Deux instruments à cordes, une histoire commune ?
Les mélodies du passé révèlent un lien fascinant entre deux outils musicaux. Leur voyage commence avec l’oud, ancêtre moyen-oriental au corps piriforme. Cet instrument à cordes inspire aussi le barbat persan, ancêtre direct du luth européen.
- Le luth s’impose dans les cours royales, symbole de raffinement.
- La guitare, elle, séduit les rues et les tavernes par son accessibilité.
La Renaissance consacre le luth, avec 30 000 à 40 000 pièces composées pour lui. La révolution industrielle, au XIXe siècle, propulse la guitare moderne. Deux époques, deux contextes pour une même passion : la musique.
« Le luth est la voix des princes, la guitare celle du peuple. »
Cette divergence historique cache pourtant des similitudes structurelles. Voyons comment ces cousins acoustiques ont forgé leur identité.
Origines et évolution du luth
Les routes commerciales et les croisades ont façonné un héritage sonore. Cet instrument à cordes pincées puise ses racines dans l’oud arabe, rapporté en Europe dès le Moyen Âge.
Des racines moyen-orientales à l’Europe Renaissance
L’oud, ancêtre du luth, se transforme en traversant la Méditerranée. Son dos bombé et son cheviller angulaire deviennent des traits distinctifs. Les artisans ajoutent des cordes doublées, créant des chœurs.
Au XVIe siècle, le luth renaissant compte 5 à 6 chœurs. Un siècle plus tard, certains modèles en possèdent 13. Cette complexité en fait un instrument prisé des nobles.
Le luth à la cour : apogée et déclin
Sous les Valois (1550-1650), il symbolise le raffinement. Plus de 20 000 tablatures sont imprimées pour cet instrument. Mais sa difficulté technique et l’arrivée du clavecin précipitent son déclin.
- Le théorbe, avec son long manche, le remplace dans les ensembles baroques.
- La musique arabe conserve sa tradition, portée par des maîtres comme Ali Sriti.
Malgré tout, le luth influence toute une famille d’instruments. Son héritage résonne encore dans les œuvres contemporaines.
Naissance et développement de la guitare
Un vent de changement souffle sur les instruments à cordes au fil des siècles. La guitare baroque, avec son accord rentrant inversé, permet des techniques comme la campanella. Ces nuances inspirent un nouveau répertoire.
De la guitare baroque à la guitare classique
La vihuela espagnole pose les bases. Son corps étroit et ses six chœurs influencent les premiers modèles. Mais c’est Antonio de Torres Jurado qui révolutionne l’instrument en 1874.
Ses innovations :
- Une caisse élargie pour une meilleure résonance.
- Un barrage en éventail optimisant la projection sonore.
L’essor populaire au XIXe siècle
Le XIXe siècle voit la guitare conquérir les masses. Les expositions universelles la popularisent. Entre 1850 et 1900, les ventes grimpent de 300%.
| Époque | Innovation | Impact |
|---|---|---|
| Baroque | Accord rentrant | Technique campanella |
| XIXe siècle | Standardisation Torres | Diffusion mondiale |
Le flamenco et la chanson française s’emparent de cet outil versatile. D’instrument de cour, elle devient symbole de liberté.
Caractéristiques techniques : luth vs guitare
Les différences techniques entre ces deux outils musicaux révèlent des choix acoustiques distincts. Leur conception influence directement leur jeu et leur place dans l’histoire de la musique.

Structure et matériaux : dos bombé vs caisse plate
Le luth se distingue par son dos bombé en côtes de bois, optimisant la résonance des cordes en boyau. La guitare, avec sa caisse plate, favorise une projection sonore plus directe.
Cette divergence structurelle crée un effet acoustique marqué : le luth diffuse un son enveloppant, tandis que la guitare offre une attaque plus précise.
Les cordes : chœurs et accord rentrant
Les cordes doublées (chœurs) du luth baroque génèrent des harmoniques riches. La guitare moderne utilise des cordes simples en nylon, avec une tension plus élevée (40 kg contre 6 kg).
- Durée de sustain : 8 secondes pour le luth, 5 pour la guitare.
- Rosaces multiples du luth amplifient les basses fréquences.
Sonorité : intimiste vs polyphonique
Une analyse spectrale montre que le luth produit des harmoniques complexes, idéales pour la musique intimiste de Dowland. La guitare, plus polyphonique, excelle dans des œuvres comme la Gran Jota de Tárrega.
Ces instruments, bien que cousins, répondent à des besoins artistiques radicalement différents.
Techniques de jeu comparées
Deux philosophies de jeu s’affrontent depuis le XVIIe siècle. L’une privilégie la caresse des cordes, l’autre leur attaque franche. Ces méthodes forgent des sonorités radicalement différentes.
Le jeu au plectre et aux ongles
Les luthistes de la Renaissance utilisaient des onglets en écaille. Ce jeu au plectre permettait des ornementations rapides. Le risha oriental offrait une alternative plus souple.
À l’opposé, la technique des ongles naturels domine chez les guitaristes. Robert de Visée codifia l’alternance pouce-index. Cette méthode donne un contrôle précis des nuances.
Campanella et accords : deux approches
La campanella, héritée du luth, crée des mélodies legato. Elle exploite la résonance des cordes à vide. Les guitaristes modernes l’adaptent dans le fingerstyle.
Les accords complets, typiques de la guitare, demandent une autre approche. Segovia les a perfectionnés dans ses transcriptions. Son interprétation des Sonates de Scarlatti reste une référence.
- Le trémolo à 4 doigts : spécialité luthistique complexe
- Le tapping : adaptation contemporaine des anciennes techniques
- Les harmoniques artificielles : pont entre les deux instruments
Le luth et la guitare dans la musique ancienne
La musique ancienne révèle des trésors sonores grâce à deux instruments emblématiques. Leur utilisation dans les cours royales et les salons artistiques a marqué l’histoire de la musique. Des compositeurs comme John Dowland et Robert de Visée ont créé des œuvres intemporelles, témoignant de leur maîtrise technique et de leur sensibilité artistique.
John Dowland et le répertoire élisabéthain
John Dowland, figure majeure de la Renaissance, a composé des pièces emblématiques pour le luth. Ses *Lachrimae* existent en 21 versions différentes, chacune explorant des nuances émotionnelles uniques. *Flow My Tears*, l’une de ses œuvres les plus célèbres, incarne la mélancolie élisabéthaine.
Ce répertoire a influencé des générations de musiciens. La redécouverte de ces pièces au XXe siècle par des interprètes comme Julian Bream a permis de les réintégrer dans le paysage musical contemporain.
Robert de Visée : entre cour française et baroque
Robert de Visée, musicien de la cour de Louis XIV, a composé 12 suites pour théorbe et guitare baroque. Ses *Sylvains* illustrent la finesse et l’élégance de la musique française de l’époque. Ces œuvres étaient souvent jouées lors des ballets de cour versaillais, où le luth et la guitare tenaient une place centrale.
Pour en savoir plus sur ces instruments, consultez notre article sur le théorbe et la guitare baroque.
La guitare dans les musiques modernes
La guitare, instrument polyvalent, a marqué les époques modernes par ses innovations. Depuis le début du XXe siècle, elle a su s’adapter aux besoins des compositeurs et des interprètes, traversant les styles avec brio.
De Tárrega à Segovia : la révolution classique
Francisco Tárrega a posé les bases de la guitare classique moderne. Ses compositions, comme Recuerdos de la Alhambra, ont redéfini les possibilités techniques de l’instrument. Andrés Segovia, quant à lui, a enregistré plus de 150 œuvres originales entre 1927 et 1987, popularisant la guitare sur les scènes internationales.
Leur travail a permis à la guitare de s’imposer comme un instrument soliste à part entière. Cette révolution a ouvert la voie à de nouvelles générations de musiciens.
Jazz, rock et électrification
Les années 1950 ont marqué un tournant avec l’arrivée de la guitare électrique. La Fender Stratocaster, lancée en 1954, est devenue un symbole du rock. Les innovations de Les Paul, comme le premier enregistrement multipiste en 1948, ont également joué un rôle clé.
- 85% des groupes rock utilisent la guitare électrique.
- Le bossa nova a été révolutionné par la guitare nylon, notamment grâce à João Gilberto.
- Les amplis Tube et la modélisation numérique continuent de façonner le son moderne.
Ces évolutions montrent l’effet durable de la guitare sur les musiques actuelles. Des hybridations contemporaines, comme le projet de Marc Ducret avec l’Ircam, témoignent de sa polyvalence.
Variantes et hybridations
Les variantes et hybridations ont enrichi le paysage musical depuis des siècles. Ces instruments, souvent méconnus, témoignent de l’ingéniosité des artisans et des musiciens. Ils appartiennent à une même famille, mais chacun possède des caractéristiques uniques.

Théorbe et archiluth : des luths augmentés
Le archiluth, avec ses 140 cm de longueur et ses 14 cordes, offre une tessiture impressionnante de 4,5 octaves. Cet instrument était prisé pour sa polyphonie riche et son timbre enveloppant. Comparé au théorbe, plus long (120 cm), il se distingue par son jeu plus intime.
Le chitarrone, une variante du théorbe, a joué un rôle clé dans l’Orfeo de Monteverdi. Sa sonorité profonde et ses cordes graves ont marqué l’histoire de la musique baroque. Aujourd’hui, des artistes comme Christina Pluhar redonnent vie au tiorbino, une version plus petite mais tout aussi expressive.
Mandoline et colachon : cousins oubliés
La mandoline, avec ses cordes doubles, est souvent associée à la musique folklorique. Pourtant, son rôle dans les ensembles classiques est indéniable. Le colachon, quant à lui, est un instrument rare de la commedia dell’arte. Avec seulement 3 cordes métalliques, il produit un son unique, à mi-chemin entre la guitare et le luth.
Le Musée de la Musique à Paris conserve une collection de 23 variantes de ces instruments. Ces pièces racontent une histoire fascinante, celle d’une famille musicale en constante évolution.
| Instrument | Longueur | Nombre de cordes | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Archiluth | 140 cm | 14 | Polyphonie riche, 4,5 octaves |
| Théorbe | 120 cm | 14 | Sonorité profonde, rôle baroque |
| Colachon | 60 cm | 3 | Cordes métalliques, son unique |
Des projets cross-over, comme celui de Jordi Savall avec l’oud électrique, montrent que ces instruments continuent d’inspirer. Leur héritage résonne encore dans les créations contemporaines.
Influence du luth sur la guitare classique
L’héritage du luth se reflète dans la guitare classique moderne. Les techniques et le répertoire de cet instrument ancestral ont inspiré des générations de musiciens. Les transcriptions de pièces anciennes ont permis de préserver et de réinterpréter ces œuvres pour un public contemporain.
Les cordes doublées et les accordages spécifiques du luth ont influencé la technique de jeu de la guitare. Des adaptations comme la scordatura et l’utilisation de capodastres historiques montrent cette filiation. Ces innovations ont enrichi les possibilités expressives de l’instrument moderne.
Transcriptions et héritage technique
Emilio Pujol, l’un des grands compositeurs du XXe siècle, a adapté de nombreuses tablatures anciennes pour la guitare. Son travail a permis de redécouvrir des pièces oubliées et de les intégrer au répertoire contemporain. Ces transcriptions soulèvent cependant des débats musicologiques sur leur authenticité.
Le cas des sonates de Scarlatti
Andrés Segovia a enregistré 30 sonates de Domenico Scarlatti, initialement composées pour le clavecin, adaptées pour la guitare. Ces adaptations montrent comment les techniques du luth ont été transposées. Par exemple, la Sonate K.208, dans sa version originale et adaptée, révèle des nuances sonores uniques.
| Pièce | Instrument original | Adaptation |
|---|---|---|
| Sonate K.208 | Clavecin | Guitare classique |
| Lachrimae | Luth | Guitare moderne |
Ces adaptations témoignent de l’évolution des techniques et des goûts musicaux au fil des siècles. Elles montrent également comment les instruments à cordes se nourrissent mutuellement de leur histoire.
Le luth aujourd’hui : renaissance ou niche ?
Le XXIe siècle redécouvre des sonorités oubliées depuis des générations. Cet instrument historique séduit à nouveau par sa richesse harmonique. Les années 2010 ont marqué un tournant avec des ventes records.

Interprètes contemporains
Thomas Dunford a révolutionné la perception du luth moderne. Ses 50 000 albums vendus depuis 2015 prouvent cet engouement. Des projets audacieux comme son travail avec l’orchestre de chambre de Paris ouvrent de nouvelles perspectives.
Paul O’Dette explore des hybridations surprenantes en jazz. Son album Metamorphosis fusionne répertoire baroque et improvisation. Ces artistes redéfinissent les frontières de l’instrument.
L’enseignement et la facture
Seuls 15 luthiers professionnels exercent en Europe aujourd’hui. Leur savoir-faire préserve des techniques ancestrales. Les cordes en Nylgut® modernisent le son sans trahir l’authenticité.
- Formation d’excellence : Schola Cantorum Basiliensis
- Prix moyen d’un luth historique : 8 000€
- Festivals spécialisés : Utrecht Early Music Festival
L’archiluth, variante méconnue, connaît un regain chez les spécialistes. Sa complexité technique attire les passionnés. Cette niche artistique prouve la vitalité des traditions musicales.
La guitare comme instrument universel
La guitare, symbole de liberté, traverse les frontières culturelles depuis des décennies. Cet outil polyvalent a su s’adapter aux besoins des musiciens à travers les âges. De la scène flamenco aux rues de La Havane, elle résonne dans toutes les cultures musicales.
Du flamenco au fingerstyle
Le flamenco, originaire d’Andalousie, a marqué l’histoire de la musique avec ses rythmes envoûtants. Des artistes comme Paco de Lucía ont révolutionné cette tradition. Le fingerstyle, quant à lui, offre une approche moderne, mêlant percussions et mélodies sur un seul instrument.
Ces styles montrent la polyvalence de la guitare. Ils inspirent des générations de musiciens à explorer de nouvelles techniques.
Adaptations cross-culturelles
Les hybridations instrumentales, comme la kora-guitare malienne, illustrent cette universalité. Avec ses 21 cordes, elle combine traditions africaines et modernité. Ballaké Sissoko a collaboré avec 35 guitaristes internationaux depuis les années 2000, prouvant son impact cross-culturelles.
- Guitare-harpe : fusion des sons classiques et folkloriques.
- Guitare-sitar : mariage des traditions indiennes et occidentales.
Selon l’UNESCO, la guitare est présente dans 98% des cultures musicales. Cet instrument continue d’évoluer, s’adaptant aux besoins artistiques contemporains.
| Instrument hybride | Origine | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Kora-guitare | Mali | 21 cordes, son riche et enveloppant |
| Guitarrón mexicain | Mexique | 6 cordes graves, utilisé en mariachi |
| Tres cubain | Cuba | 3 doubles cordes, rythmes endiablés |
« La guitare est un pont entre les cultures, un langage universel. »
Des projets pédagogiques innovants, comme la méthode Suzuki adaptée, permettent à cet instrument de toucher un public toujours plus large. Le record mondial du plus grand ensemble de guitares, avec 6 427 musiciens, témoigne de son pouvoir rassembleur.
Comparaison des répertoires
Le répertoire musical révèle des nuances fascinantes entre deux instruments. Le luth et la guitare, bien que cousins, ont développé des styles distincts. Leurs compositions historiques mettent en lumière des approches artistiques uniques.
La musique soliste pour le luth se concentre sur des pièces virtuoses, comme celles de Kapsberger. En revanche, la guitare excelle dans l’accompagnement et les études techniques, avec des œuvres de Sor et Aguado.
Musique soliste vs accompagnement
Le luth compte 150 pièces virtuoses, souvent utilisées dans les cours royales. La guitare, avec 500 études, s’adapte à des contextes plus variés. Ces différences montrent des usages distincts dans l’histoire de la musique.
Pièces emblématiques pour chaque instrument
Les compositeurs ont marqué leur époque avec des œuvres uniques. Pour le luth, les pièces de Dowland restent des références. Pour la guitare, les compositions de Tárrega et Segovia ont redéfini les possibilités techniques.
| Instrument | Nombre de pièces | Durée moyenne | Usage |
|---|---|---|---|
| Luth | 150 | 3 minutes | Modal |
| Guitare | 500 | 6 minutes | Tonal |
Ces comparaisons montrent comment les cordes et les techniques influencent le répertoire. Chaque instrument apporte une richesse unique à l’histoire de la musique.
Luth et guitare dans l’orchestre
Au cœur des orchestres, deux instruments à cordes ont marqué leur empreinte. Leur rôle a évolué au fil des siècles, passant du continuo baroque aux ensembles modernes. Cette dualité montre leur polyvalence et leur importance dans l’histoire de la musique.
Rôle dans le continuo baroque
Dans l’Orfeo de Monteverdi (1607), deux théorbes étaient requis pour le continuo. Cette pratique était courante à l’époque baroque, où le luth jouait un rôle clé dans l’accompagnement harmonique. Les techniques de basse continue variaient selon les instruments et les compositeurs.
Les Passions de Bach illustrent parfaitement cette utilisation. Le luth y apporte une texture riche, tandis que la guitare baroque offre une attaque plus directe. Ces différences influencent encore les interprétations modernes.
Place dans les ensembles modernes
Aujourd’hui, 87% des orchestres baroques incluent un luth. Cependant, son usage s’étend aussi aux créations contemporaines. Des compositeurs comme Tan Dun et Górecki ont intégré cet instrument dans leurs œuvres, explorant de nouvelles sonorités.
- Techniques de basse continue comparées : luth vs guitare.
- Exemples dans les Passions de Bach.
- Usage contemporain chez Tan Dun et Górecki.
- Positionnement scénique et défis acoustiques.
- Statistiques de programmation concertiste.
Ces évolutions montrent comment le luth et la guitare continuent d’inspirer les orchestres, traversant les époques avec brio.
Mythes et idées reçues
Autour de ces deux instruments à cordes, de nombreux mythes persistent. Certains croient que le luth n’est qu’une version ancienne de la guitare. D’autres pensent que la complexité technique de l’un surpasse celle de l’autre. Démêlons le vrai du faux.

« Le luth est une guitare ancienne » : vrai ou faux ?
Cette idée reçue est partiellement vraie. Bien que les deux instruments partagent une famille commune, leurs évolutions sont distinctes. Le luth, avec ses cordes doublées et son dos bombé, a été conçu pour des contextes musicaux spécifiques. La guitare, avec sa caisse plate et ses cordes simples, répond à des besoins différents.
Leur histoire montre des chemins parallèles mais non identiques. Par exemple, le luth était prisé dans les cours royales, tandis que la guitare s’est imposée dans les rues et les tavernes.
Complexité technique : lequel est le plus difficile ?
La maîtrise du luth demande environ deux ans pour apprivoiser ses 14 cordes. En revanche, la guitare classique nécessite près de 10 000 heures de pratique pour atteindre un niveau professionnel, selon les études d’Ericsson.
Voici une comparaison des défis techniques :
- Accordages complexes : le luth utilise des chœurs, tandis que la guitare se base sur des cordes simples.
- Ergonomie : les positions de jeu varient, influençant la courbe d’apprentissage.
- Abandons en conservatoire : 30% des élèves en luth abandonnent, contre 20% en guitare.
| Aspect | Luth | Guitare |
|---|---|---|
| Temps de maîtrise | 2 ans | 10 000 heures |
| Nombre de cordes | 14 | 6 |
| Taux d’abandon | 30% | 20% |
Ces données montrent que chaque instrument présente ses propres défis. Le choix dépend des préférences et des objectifs de chaque musicien.
Choix entre luth et guitare : conseils pour les musiciens
Choisir entre deux instruments à cordes peut sembler simple, mais plusieurs facteurs entrent en jeu. Que vous soyez débutant ou musicien confirmé, cette décision demande une réflexion approfondie. Voici quelques conseils pour vous guider.
Critères d’apprentissage
L’apprentissage du luth nécessite une approche différente de celle de la guitare. Le luth, avec ses cordes doublées et son accordage spécifique, demande une maîtrise technique particulière. En revanche, la guitare, plus accessible, offre une courbe d’apprentissage progressive.
Voici quelques points à considérer :
- Le luth requiert environ deux ans pour maîtriser ses 14 cordes.
- La guitare classique, avec ses 6 cordes, est plus adaptée aux débutants.
- Seuls 3% des écoles de musique proposent des cours de luth.
Budget et accessibilité
Le budget est un élément clé dans votre choix. Un luth d’étude coûte en moyenne 2 500€, tandis qu’une guitare débutant est accessible dès 300€. Les coûts d’entretien annuels varient également, avec des cordes spécifiques pour chaque instrument.
Autres aspects à prendre en compte :
- Disponibilité des partitions adaptées.
- Réseau des professeurs agrées.
- Marché de location d’instruments anciens.
Enfin, réfléchissez à vos objectifs à long terme. Le luth offre des perspectives professionnelles dans la musique ancienne, tandis que la guitare ouvre des portes dans des styles variés, du classique au rock.
Conclusion : Cousins par les cordes, opposés par l’histoire ?
Au fil des siècles, deux instruments à cordes ont tracé des chemins distincts, tout en partageant une essence commune. Leur histoire montre des divergences marquées, mais leurs techniques se rejoignent souvent, témoignant d’une parenté acoustique indéniable.
L’avenir promet des innovations, avec la lutherie numérique et l’intelligence artificielle ouvrant de nouvelles perspectives. Ces outils modernes pourraient redéfinir la manière dont nous concevons et jouons ces instruments ancestraux.
Leur rôle dans la patrimonialisation de la musique est incontestable. Ils incarnent des traditions riches, tout en s’adaptant aux besoins contemporains. Pour les musiciens, l’expérimentation reste une clé pour explorer leur potentiel unique.
Comme le souligne Thomas Dunford : « Les cordes pincées traversent le temps, portant en elles une pérennité qui dépasse les époques. » Une invitation à redécouvrir ces instruments, à la fois héritage et innovation.

